Être infirmier en intérim, c’est choisir un mode d’exercice plus flexible, souvent mieux rémunéré sur certaines périodes, mais qui demande aussi une vraie capacité d’adaptation. Entre les missions en hôpital, clinique, EHPAD ou services spécialisés, l’intérim permet de varier les environnements, de construire un planning à sa mesure et de monter rapidement en compétences… à condition de comprendre exactement comment ça fonctionne (contrat, règles, responsabilités, organisation).
Dans ce guide, on va répondre aux questions qui reviennent le plus : quel est le salaire d’un infirmier intérimaire (avec les indemnités comme l’IFM et l’ICCP), comment devenir infirmier en intérim étape par étape, pourquoi certains soignants le choisissent, où ça recrute le plus, et surtout comment réussir ses premières missions sans stress inutile, avec les bons réflexes de sécurité et de traçabilité.
Définition simple de l’intérim infirmier et différence avec CDD, vacation, CDI
L’intérim infirmier correspond à un mode d’exercice “en mission” : vous êtes salarié d’une agence d’intérim (entreprise de travail temporaire) qui vous met à disposition d’un établissement de santé (hôpital, clinique, EHPAD, etc.) pour une durée définie. Concrètement, vous signez un contrat de mission avec l’agence, puis vous intervenez dans un service pour remplacer un absent, renforcer une équipe ou absorber un pic d’activité. Votre planning, votre taux horaire, la durée de la mission et les éventuelles majorations sont cadrés avant le démarrage.
La différence principale avec un CDD, c’est l’employeur : en CDD, vous êtes recruté directement par l’établissement, avec un contrat signé avec lui. En intérim, votre employeur reste l’agence, même si vous travaillez au quotidien dans l’établissement “utilisateur”. En pratique, l’intérim se distingue aussi par sa logique d’enchaînement de missions et par certaines indemnités spécifiques liées à la fin de mission.
La vacation, quant à elle, désigne souvent des renforts ponctuels, parfois sur des créneaux très courts (une garde, une journée, un week-end), avec un fonctionnement qui dépend beaucoup des structures et des secteurs. Dans la réalité, certains soignants utilisent “vacation” et “intérim” comme des synonymes, mais il s’agit de cadres différents : l’intérim passe par une agence, tandis que la vacation peut être organisée directement par l’établissement ou via des plateformes, selon les cas.
Enfin, le CDI (ou CDI d’établissement) est l’opposé de la logique “mission” : vous intégrez une équipe dans la durée, avec davantage de stabilité sur le planning et l’organisation, mais généralement moins de marge de manœuvre pour choisir vos périodes de travail ou changer de service. L’intérim est donc particulièrement pertinent si vous recherchez de la flexibilité et de la diversité, tandis que le CDI répond mieux à un besoin de stabilité et d’ancrage dans une équipe.
Comment puis-je devenir infirmier en intérim ?
Devenir infirmier en intérim, c’est surtout passer d’un statut “IDE* disponible” à un statut “IDE immédiatement positionnable” sur des missions. Une fois votre droit d’exercer en ordre, l’essentiel est de structurer votre entrée sur le marché : choisir un canal, clarifier votre périmètre de missions, puis sécuriser votre première expérience.
Concrètement, commencez par définir vos critères non négociables : distance maximale, services acceptés, travail de nuit ou non, rythme de week-end, et niveau d’autonomie. Vous n’accepterez pas les mêmes missions en sortie d’école qu’après plusieurs années d’expérience. Cette étape permet d’éviter un écueil fréquent : accepter trop rapidement une mission, puis se retrouver dans un service qui ne correspond pas à votre profil.
Ensuite, l’objectif est d’avoir un profil “lisible” pour le recruteur : vos expériences par type de service, ce que vous maîtrisez (soins techniques, gestion des priorités, transmissions, outils), et les environnements que vous préférez éviter. Plus ces informations sont explicites, plus les propositions de mission sont pertinentes, et plus le recrutement devient fluide.
Enfin, avant d’accepter une première mission, posez systématiquement les questions qui conditionnent la réussite de la prise de poste : service exact, horaires, organisation des transmissions, encadrement prévu, et niveau de tension du service. À ce stade, il ne s’agit pas d’être “exigeant”, mais de garantir votre sécurité, celle des patients, et une prise de poste réaliste.
Quel est le salaire d’un infirmier en intérim ?
Le salaire d’un infirmier en intérim dépend d’abord de votre taux horaire (fixé pour la mission) et du nombre d’heures réalisées. À ce socle s’ajoutent, selon les services et l’organisation de l’établissement, des éléments variables comme les majorations (nuit, dimanche, jours fériés, heures supplémentaires), qui peuvent faire évoluer significativement le total en fin de mois.
La spécificité de l’intérim, c’est surtout l’ajout de deux indemnités, versées en principe à la fin de la mission.
L’IFM (indemnité de fin de mission), destinée à compenser la précarité : elle est égale à 10 % de la rémunération totale brute due au salarié (avec des exceptions selon les cas de fin de mission).
L’ICCP (indemnité compensatrice de congés payés) : elle ne peut pas être inférieure à 1/10 de la rémunération brute totale perçue pendant la mission, et la base de calcul prend notamment en compte les majorations (nuit, heures supplémentaires, etc.).
Pour visualiser le mécanisme, prenons un exemple simple : si vous percevez 2 000 € brut sur une mission, l’IFM représente 200 € (10 %), puis l’ICCP représente (2 000 + 200) / 10 = 220 €. Votre total brut lié à la mission (avant cotisations) est donc de 2 420 €.
En pratique, le taux horaire peut varier selon plusieurs facteurs : votre expérience, le type de service, le niveau de tension du planning, la localisation géographique et les horaires concernés. Les majorations applicables dépendent quant à elles des accords en vigueur au sein de l’établissement utilisateur : il est donc recommandé de vérifier ces éléments avant le démarrage de la mission et lors de la lecture de la fiche de paie.
Où exerce un infirmier intérimaire
L’intérim infirmier intervient dans la majorité des structures de soins. Il répond principalement à trois besoins : assurer le remplacement d’absences, renforcer une équipe sur une période de tension, ou sécuriser la continuité des soins lorsque le planning est contraint. Selon les établissements, les missions varient en durée, en rythme et en niveau d’autonomie attendu.
Hôpital, clinique, EHPAD, rééducation, urgences : quel secteur recrute le plus ?
Les missions d’intérim sont fréquentes à l’hôpital, où les organisations de service et les effectifs peuvent évoluer rapidement. On y retrouve des besoins réguliers sur des unités de médecine, de chirurgie, de gériatrie, ainsi que sur des services à forte intensité d’activité.
En clinique, l’intérim est également courant, notamment pour soutenir des services programmés et garantir la continuité des prises en charge. Les besoins peuvent être ponctuels mais récurrents, selon les périodes et l’activité.
Les EHPAD recrutent régulièrement en intérim pour consolider les équipes, notamment sur les plages horaires sensibles (nuits, week-ends) et lors de périodes de sous-effectif. Les structures de rééducation et de soins de suite proposent aussi des missions, avec des prises en charge souvent plus longues et une coordination étroite avec les équipes pluridisciplinaires.
Les services d’urgences et, plus largement, les environnements de soins très sollicités peuvent proposer des missions, mais ils supposent généralement une intégration très rapide et une grande maîtrise des priorités et des transmissions.
Quels profils sont recherchés (autonomie, spécialités, rythme) en intérim ?
En intérim, les établissements attendent avant tout un professionnel capable d’être opérationnel rapidement, dans le respect des protocoles et de la traçabilité des soins. L’autonomie, la rigueur sur les transmissions, la capacité à s’adapter à une organisation locale (outils, circuit du médicament, procédures internes) et la qualité de communication avec l’équipe sont des critères déterminants.
Certains profils sont particulièrement recherchés selon les structures : infirmiers à l’aise avec les soins techniques, professionnels habitués aux rythmes de nuit ou de week-end, et IDE ayant déjà exercé dans des services exigeants en termes de priorisation et de coordination. À l’inverse, pour un démarrage en intérim, il est souvent pertinent de privilégier des missions permettant une prise de poste progressive, afin de consolider ses repères et sa confiance dans différents environnements.
Deux ans d’expérience obligatoires pour exercer en intérim infirmier
Pour accéder à l’intérim infirmier, deux ans d’expérience professionnelle sont obligatoires. Cette règle s’applique depuis le 1er juillet 2024 et concerne l’ensemble des infirmiers souhaitant exercer en intérim, quel que soit le type d’établissement. L’objectif est de sécuriser la prise en charge des patients et de garantir que les professionnels envoyés en mission disposent d’une expérience suffisante pour être opérationnels rapidement, souvent dans des contextes de tension ou de remplacement urgent. Les deux années d’exercice doivent avoir été réalisées hors intérim, par exemple en CDI, CDD ou vacation, et les agences sont tenues de vérifier cette condition avant toute mise à disposition. Cette exigence est désormais un cadre légal strict : sans ces deux ans d’expérience, l’accès à l’intérim n’est pas possible.
Bien réussir ses premières missions d'intérim en tant qu'infirmier
Réussir ses premières missions en intérim repose sur un principe simple : sécuriser sa prise de poste. En contexte de mission courte, l’intégration est souvent rapide. Il est donc essentiel d’identifier immédiatement les repères clés du service, de comprendre l’organisation locale et de garantir une traçabilité irréprochable. Cela protège à la fois le patient, l’équipe, et le professionnel.
Erreurs fréquentes et bonnes pratiques (communication, traçabilité, gestion de la fatigue)
Les difficultés rencontrées en début d’intérim sont rarement liées à la technique “pure”. Elles sont plus souvent liées à l’organisation et à la communication. La première erreur classique est de démarrer sans avoir clarifié le périmètre exact (patients, secteur, tâches attendues, horaires de pause, priorités). La seconde concerne la traçabilité : une note incomplète, une transmission trop rapide ou un acte non tracé peuvent créer des ruptures de continuité de soins. Enfin, la fatigue est un facteur sous-estimé : enchaîner des missions, des nuits ou des week-ends sans récupération suffisante augmente mécaniquement le risque d’erreur.
Les bonnes pratiques sont simples et très efficaces : poser les questions indispensables dès le départ, documenter systématiquement ce qui doit l’être, transmettre de façon structurée (faits, surveillance, actions, alertes), et s’autoriser à demander de l’aide dès qu’un point critique n’est pas clair. En intérim, la qualité d’intégration ne dépend pas seulement de la rapidité : elle dépend surtout de la rigueur et de la capacité à sécuriser son environnement de travail.