Les premières prévisions salariales pour 2027 circulent, mais elles ne donnent pas le montant de la prochaine hausse du SMIC. Après les revalorisations de janvier et de juin 2026, plusieurs données restent attendues pour calculer celle de janvier. La présidentielle pourrait ensuite ouvrir la discussion sur une augmentation supplémentaire.
La hausse de juin change le point de départ
Pour comprendre ce qui se prépare en janvier, il faut revenir à la dernière augmentation. En juin 2026, le salaire minimum a été relevé après le franchissement du seuil d’inflation déclenchant une revalorisation automatique.
Une partie de la progression des prix a donc déjà été répercutée sur les rémunérations. Le calcul de janvier devra en tenir compte : appliquer toute l’inflation annuelle au montant actuel conduirait à compter deux fois une partie de cette évolution.
Cette hausse intermédiaire explique pourquoi un taux d’inflation annuel ne suffit pas à anticiper la prochaine revalorisation. Elle ne permet pas davantage de conclure, à elle seule, que l’augmentation sera faible.
Les salariés peuvent retrouver les taux horaires et mensuels actuellement applicables dans notre article sur le SMIC en vigueur.
Les prévisions des entreprises ne donnent pas la hausse du SMIC
L’enquête Alixio diffusée en septembre apporte des indications sur les rémunérations de l’année prochaine. Elle fait ressortir une progression moyenne envisagée de 2,3 % en 2027 dans les grands groupes interrogés.
Ce chiffre décrit les intentions des entreprises. Il ne mesure pas l’évolution du salaire minimum, dont la révision dépend d’indicateurs fixés par la loi. Il ne garantit pas non plus une augmentation identique à tous les salariés.
Les prévisions d’augmentation des salaires en 2027 permettent ainsi de situer les budgets envisagés par les employeurs. Pour une personne rémunérée au SMIC, la donnée déterminante sera le taux finalement retenu pour la revalorisation légale.
Ce qu’il manque encore pour calculer la revalorisation
Deux éléments interviennent dans la révision annuelle : l’inflation mesurée pour les 20 % de ménages aux revenus les plus faibles et la moitié du gain de pouvoir d’achat du salaire horaire de base des ouvriers et employés. Les règles de revalorisation du SMIC sont précisées par Service Public.
Il faut donc attendre les dernières observations sur les prix et les salaires. Les publications de l’Insee et de la Dares au cours de l’automne compléteront les données disponibles.
Cette distinction entre observations et prévisions est importante. Une entreprise peut annoncer le budget qu’elle envisage pour 2027 ; le calcul du SMIC s’appuie, lui, sur des évolutions déjà mesurées. De même, l’inflation concernant l’ensemble des ménages ne correspond pas nécessairement à celle de la population retenue pour ce calcul.
L’alimentation, l’énergie ou les services contribueront au résultat selon leur poids dans l’indice. Une hausse des carburants ne suffira donc pas, isolément, à déterminer le pourcentage appliqué en janvier.
L’annonce attendue en décembre fixera le montant de janvier
Le montant applicable au 1er janvier 2027 est attendu en décembre. D’ici là, un chiffre obtenu en appliquant une hypothèse de hausse au salaire actuel reste une simulation, même si le calcul est exact au centime près.
Le montant net demande une précaution supplémentaire. Le minimum légal est fixé en brut ; la somme reçue par le salarié dépend ensuite des prélèvements applicables et de sa situation. Annoncer aujourd’hui un net précis pour janvier donnerait donc une certitude que les données disponibles ne permettent pas encore d’avoir.
Pour suivre l’annonce officielle, il faudra regarder le taux horaire brut retenu, sa date d’application et l’existence éventuelle d’un supplément décidé par le gouvernement.
La présidentielle pourrait relancer la question d’un coup de pouce
La révision de janvier précédera le scrutin présidentiel. Les décisions prises après l’élection pourront toutefois modifier le salaire minimum en cours d’année.
Le gouvernement dispose de la possibilité d’accorder un coup de pouce, au-delà de la revalorisation issue du calcul légal. Ce choix devra être distingué des objectifs annoncés pendant la campagne : un montant visé en fin de mandat n’implique pas une hausse dès les premiers mois.
Une nouvelle augmentation pourra également intervenir sans décision politique supplémentaire si l’indice des prix de référence progresse d’au moins 2 % depuis le niveau retenu lors de la dernière fixation du SMIC. Le montant annoncé en décembre répondra donc à la question du salaire minimum de janvier, sans figer son évolution pour toute l’année 2027.