En 2026, le salaire d’une infirmière dépend fortement du cadre d’exercice. À poste équivalent, la rémunération n’est pas la même dans la fonction publique hospitalière, en clinique privée, en EHPAD, en libéral ou en intérim, car les règles de calcul, les grilles et surtout les primes varient d’un environnement à l’autre. Dans cet article, nous vous donnons des repères fiables pour vous situer, identifier les compléments qui pèsent vraiment sur la paie, et vérifier, ligne par ligne, que votre fiche de paie reflète bien ce que vous devez percevoir.
Quel est le salaire moyen d’une infirmière en France en 2026 ?
En France, le salaire d’une infirmière se situe le plus souvent dans une fourchette plutôt qu’un chiffre unique, car il dépend du statut (public, privé, libéral, intérim), de l’ancienneté, du lieu d’exercice et des primes réellement perçues. Le point clé, c’est que le salaire ne se résume pas au montant de base : une part importante de la rémunération vient des compléments (nuits, dimanches, jours fériés, primes spécifiques, Ségur, indemnités), qui peuvent faire varier le net de façon notable d’un mois à l’autre. Pour vous situer correctement, il est donc utile de raisonner en deux temps : d’abord la base (grille indiciaire ou convention), puis l’ensemble des éléments variables qui s’ajoutent à votre bulletin de paie.
Salaire infirmière dans la fonction publique hospitalière
Dans la fonction publique hospitalière, la rémunération d’une infirmière repose sur deux blocs. D’un côté, le traitement indiciaire (grade + échelon) qui fixe le salaire de base et évolue avec l’ancienneté. De l’autre, des primes et indemnités qui peuvent faire varier sensiblement le montant perçu selon vos contraintes de service (nuits, dimanches, jours fériés, etc.) et les dispositifs en vigueur. Pour une infirmière en soins généraux (grade 1), la grille démarre par exemple à 1 944,50 € brut par mois à l’échelon 1 (hors primes).
Primes et compléments de salaire dans le public
En plus du traitement indiciaire, une infirmière en hôpital public peut percevoir plusieurs primes qui font varier le net d’un mois à l’autre. La plus visible est souvent le complément de traitement indiciaire (CTI), d’un montant d’environ 238 € brut, soit 188 € net par mois selon les situations et les personnels concernés. À cela peuvent s’ajouter des indemnités liées aux contraintes d’horaires, notamment pour le travail de nuit, dont les règles et montants dépendent du cadre applicable, ainsi que des majorations pour dimanches et jours fériés.
Salaire infirmière dans le secteur privé
Dans le secteur privé, la rémunération d’une infirmière n’est pas encadrée par une grille indiciaire nationale comme dans le public. Elle dépend principalement de la convention collective applicable à l’établissement (clinique, EHPAD, centre de soins), du poste, de l’ancienneté et des accords internes. En moyenne, une infirmière du privé perçoit environ 2 463 € nets par mois, mais ce repère varie selon le service, les horaires, la localisation et les primes prévues par l’employeur.
Rémunération selon la convention collective
Les conventions collectives du secteur privé fixent généralement un salaire minimum conventionnel, qui sert de point de départ. En pratique, de nombreuses infirmières perçoivent un salaire supérieur à ce minimum, notamment dans les établissements confrontés à des difficultés de recrutement. L’ancienneté, la spécialisation, le type de service ou encore la localisation géographique peuvent entraîner des écarts sensibles par rapport à la base conventionnelle.
Primes et majorations dans le secteur privé
Dans le secteur privé, les primes et majorations occupent une place centrale dans la rémunération des infirmières. Selon la convention collective et les accords d’entreprise, le travail de nuit, le week-end ou les jours fériés donne lieu à des majorations de salaire ou à des primes spécifiques, dont le montant peut varier sensiblement d’un établissement à l’autre. Certaines structures prévoient également des primes liées à la pénurie de personnel, à la continuité des soins ou à des responsabilités particulières. Ces compléments expliquent pourquoi, à temps de travail équivalent, le salaire net peut être très différent d’une infirmière à l’autre.
Salaire infirmière libérale (IDEL)
Le salaire d’une infirmière libérale ne se raisonne pas comme un salaire mensuel classique. Il s’agit d’un revenu d’activité, directement lié au volume d’actes réalisés, à la patientèle, au secteur géographique et à l’organisation du travail. Deux infirmières libérales peuvent ainsi afficher des revenus très différents, même avec le même nombre d’années d’expérience.
Revenu moyen d’une infirmière libérale
En moyenne, le chiffre d’affaires mensuel d’une infirmière libérale se situe autour de 4 012 €. Ce repère reste toutefois à interpréter avec prudence : il ne s’agit pas du revenu réellement disponible, mais d’un montant avant déduction des charges (cotisations, assurance, frais professionnels, déplacements, etc.). Autrement dit, comparer ce chiffre au salaire brut d’une infirmière salariée (public ou privé) n’a de sens que si l’on raisonne ensuite en revenu net après charges, à niveau d’activité comparable.
Charges et revenu net réel
Le revenu net d’une infirmière libérale dépend fortement des charges professionnelles à supporter : cotisations sociales, retraite, assurance, frais de cabinet, déplacements, matériel ou encore remplacements. Une fois ces charges déduites, le revenu net mensuel peut varier de façon significative selon le rythme de travail choisi et la structure des frais. Le statut libéral offre donc un potentiel de rémunération attractif, mais au prix d’une plus grande variabilité et d’une gestion administrative plus exigeante.
Salaire infirmière débutante vs infirmière expérimentée
L’expérience professionnelle joue un rôle déterminant dans l’évolution du salaire d’une infirmière. Que ce soit dans le public, le privé ou en intérim, la rémunération progresse avec l’ancienneté, les compétences acquises et, dans certains cas, la spécialisation ou la mobilité.
Salaire infirmière débutante
En début de carrière, le salaire d’une infirmière se situe généralement au niveau d’entrée des grilles ou des conventions collectives. Dans la fonction publique hospitalière, cela correspond aux premiers échelons de la grille indiciaire, avec un salaire de base relativement encadré, auquel peuvent déjà s’ajouter certaines primes. Dans le secteur privé, la rémunération de départ dépend davantage de l’établissement et peut être légèrement supérieure au minimum conventionnel en fonction du contexte de recrutement.
Évolution du salaire avec l’expérience
Avec les années, le salaire progresse de manière plus ou moins marquée selon le statut. Dans le public, l’évolution est principalement liée au passage des échelons et aux revalorisations statutaires. Dans le privé, l’ancienneté, la prise de responsabilités, la spécialisation ou la négociation individuelle peuvent entraîner des augmentations plus rapides. L’expérience ouvre aussi l ’accès à des modes d’exercice mieux rémunérés, comme certaines spécialités ou l’intérim, où la rareté des profils expérimentés est souvent mieux valorisée.
Salaire infirmière en intérim : ce qu’il faut savoir
Le salaire d’une infirmière en intérim répond à une logique différente du public et du privé. Vous êtes salariée d’une entreprise de travail temporaire, et votre rémunération est généralement construite autour d’un taux horaire, auquel s’ajoutent des indemnités spécifiques à l’intérim. Résultat : à volume d’heures comparable, le total perçu peut être plus élevé, mais il varie selon la durée de mission, le type de service, la localisation et les contraintes horaires.
Pourquoi le salaire est souvent plus élevé en intérim
L’intérim rémunère la disponibilité et l’adaptabilité. Les établissements font appel à des infirmiers intérimaires pour répondre à des besoins immédiats (remplacements, pics d’activité, sous-effectifs), ce qui peut se traduire par des taux horaires plus attractifs, notamment sur certains créneaux (nuit, week-end) ou dans certaines zones où le recrutement est difficile.
Primes et indemnités spécifiques en intérim
En intérim, deux indemnités reviennent presque systématiquement : l’IFM (indemnité de fin de mission) et l’ICCP (indemnité compensatrice de congés payés). Elles s’ajoutent au salaire brut et pèsent directement sur le total versé en fin de mission ou sur la période concernée. À cela peuvent s’ajouter des majorations pour la nuit, le dimanche ou les jours fériés, selon les règles appliquées par l’établissement et le contrat de mission.
Exemple de rémunération infirmière en intérim
Pour rendre les choses concrètes, l’écart se voit surtout quand on additionne le taux horaire et les indemnités. Par exemple, une mission sur une base de 35 heures, avec un taux horaire supérieur au salaire de base du salariat classique, puis l’ajout de l’IFM et de l’ICCP, aboutit souvent à un total plus élevé que le même volume d’heures en contrat classique surtout si la mission inclut des nuits ou des week-ends.
Les grilles indiciaires pour infirmier(e) grade 1&2
Grille indiciaire : infirmière grade 1 (ISGS)
| Échelon | Indice brut | Indice majoré | Salaire brut mensuel |
|---|
| 1 | 444 | 395 | 1944,50€ |
| 2 | 479 | 424 | 2087,26€ |
| 3 | 507 | 447 | 2200,48€ |
| 4 | 533 | 468 | 2303,86€ |
| 5 | 561 | 491 | 2417,08€ |
| 6 | 594 | 518 | 2550€ |
| 7 | 632 | 550 | 2707,53€ |
| 8 | 668 | 580 | 2855,21€ |
| 9 | 704 | 610 | 3002,90€ |
| 10 | 746 | 645 | 3175,19€ |
Grille indiciaire: infirmier(e) grade 2 (ISGS)
| Échelon | Indice brut | Indice majoré | Salaire brut mensuel |
|---|
| 1 | 489 | 427 | 2102,03€ |
| 2 | 518 | 450 | 2215,25€ |
| 3 | 558 | 478 | 2353,09€ |
| 4 | 595 | 506 | 2490,93€ |
| 5 | 631 | 534 | 2628,76€ |
| 6 | 669 | 563 | 2771,53€ |
| 7 | 709 | 593 | 2919,21€ |
| 8 | 750 | 624 | 3071,81€ |
| 9 | 792 | 656 | 3229,34€ |
| 10 | 836 | 690 | 3396,72€ |
| 11 | 886 | 727 | 3578,86€ |
Indice brut VS indice majoré : quelle différence ?
Sur les grilles de la fonction publique hospitalière, vous verrez souvent deux colonnes : indice brut et indice majoré. Et c’est normal de s’y perdre au début.
Retenez surtout ceci : l’indice brut sert principalement à vous situer dans la grille (votre grade et votre échelon) et à encadrer l’évolution de carrière. C’est une référence administrative.
Pour estimer votre salaire brut, c’est l’indice majoré qui compte. C’est lui qui sert au calcul du traitement indiciaire : on prend l’indice majoré et on le multiplie par la valeur du point. C’est aussi pour ça qu’on parle souvent en indice quand on compare deux postes dans le public.
Donc, si vous ne devez regarder qu’une ligne pour comprendre votre rémunération de base, regardez l’indice majoré. L’indice brut reste utile, mais surtout pour suivre votre progression dans la grille, pas pour calculer votre paie.
Comment lire une fiche de paie d’infirmière
Comprendre une fiche de paie est essentiel pour vérifier que votre rémunération correspond bien à ce que vous devez percevoir. Que vous exerciez dans le public, le privé ou en intérim, le bulletin de salaire repose sur une structure commune, même si certaines lignes varient selon le statut.
Salaire brut, net et primes : comprendre les lignes clés
Le salaire brut correspond à la rémunération avant déduction des cotisations sociales. Il inclut le salaire de base ainsi que certaines primes soumises à cotisations. Le salaire net est le montant réellement versé sur votre compte bancaire, après déductions.
Entre les deux, on retrouve les cotisations salariales, mais aussi des lignes de primes et indemnités qui méritent une attention particulière : travail de nuit, dimanches et jours fériés, complément de traitement indiciaire, indemnités spécifiques à l’intérim. Identifier clairement ces éléments vous permet de comprendre les écarts d’un mois à l’autre et de repérer rapidement une anomalie.